Depuis le début de la semaine, Google a modifié l'affichage de ses résultats de recherche dans l'Union européenne. Le groupe se conforme ainsi au règlement sur les marchés numériques (DMA), après une amende de 460 millions d'euros pour avoir favorisé ses propres services face aux comparateurs concurrents.

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Le déploiement a commencé mardi, une fois passé le délai fixé par Bruxelles en juillet. Google reconnaît lui-même que ce changement dégrade la qualité de son moteur de recherche pour les utilisateurs européens.

Trois comparateurs en tête, les prix en temps réel supprimés

Ce nouvel affichage concerne les recherches liées aux hôtels, aux vols ou aux restaurants. Un comparateur spécialisé s'affiche en tête des résultats, souvent un service tiers comme Booking.com ou Expedia. Deux autres comparateurs suivent, avec moins de détails. Plus bas, un carrousel réunit hôtels, compagnies aériennes et restaurants, mais sans les prix en temps réel qui y figuraient jusqu'ici. Google garde la main sur le classement via son propre algorithme. La Commission européenne demandait seulement que ses services ne soient plus avantagés par rapport à ceux des concurrents, une pratique qualifiée d'"auto-préférence".

Cette refonte fait suite à l'amende de 460 millions d'euros infligée en juillet pour auto-préférence dans Search, à laquelle s'ajoutait une seconde sanction de 430 millions d'euros concernant les restrictions imposées aux développeurs sur Google Play, soit 890 millions d'euros au total. Bruxelles avait accordé un délai de 60 jours, sous peine d'astreintes pouvant atteindre 5% du chiffre d'affaires mondial du groupe. Ce délai a expiré cette semaine.

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Nick Fox, vice-président de Google chargé de "la connaissance et de l'information", déclare que ces changements profitent aux intermédiaires en ligne, mais au détriment des commerces locaux. Pour les utilisateurs, cela supprime aussi des fonctionnalités utilisées au quotidien. Le groupe dit avoir testé la nouvelle interface auprès de millions d'utilisateurs européens avec des retours négatifs et une insatisfaction générale. Ces derniers ont tenté de reformuler leurs requêtes de manière plus fréquente. Google affirme que certains ont tout simplement abandonné leur recherche. Selon l'entreprise, un précédent ajustement lié au DMA avait déjà fait chuter de 30% le trafic direct et gratuit vers les établissements européens. Ces changements ne touchent que l'Union européenne, le moteur de recherche restant inchangé ailleurs dans le monde.

Sur ces vingt dernières années, Google a cumulé plus de 10 milliards d'euros d'amendes européennes pour des pratiques anticoncurrentielles. Cela concerne Android, le shopping et la publicité en ligne. De son côté, la Commission continue de surveiller la conformité du groupe. La firme de Mountain View a toujours la possibilité de formuler un recours contre la décision de la Commission européenne.